La pension de réversion permet au conjoint survivant de percevoir une partie de la retraite du défunt. En théorie, c'est un droit. En pratique, c'est un parcours administratif semé d'embûches où beaucoup de demandeurs perdent du temps — et parfois de l'argent — par manque d'information.
Qui peut demander une pension de réversion ?
Seul le conjoint marié (ou ex-conjoint non remarié, sous conditions) peut demander la réversion. Le PACS et le concubinage ne donnent aucun droit, quelle que soit la durée de la vie commune. C'est l'un des points les plus méconnus, et il crée des situations dramatiques pour des couples qui ont vécu 20 ou 30 ans ensemble sans être mariés.
Les conditions de ressources
Pour le régime général (CNAV), il existe un plafond de ressources personnelles du conjoint survivant. Ce plafond est réévalué chaque année. Les ressources prises en compte incluent les revenus d'activité, les pensions personnelles, certains revenus du patrimoine. En revanche, les régimes complémentaires (Agirc-Arrco) n'appliquent pas de condition de ressources — ce qui signifie qu'un conjoint peut être refusé pour la réversion de base mais l'obtenir pour la complémentaire.
Le taux de réversion
Le régime général verse 54 % de la pension du défunt. L'Agirc-Arrco verse 60 %. Ces taux sont fixes, mais le montant final dépend du nombre de trimestres cotisés par le défunt, du partage éventuel avec un ex-conjoint, et de l'application éventuelle d'un plafond.
Pourquoi les dossiers traînent
La demande de réversion n'est pas automatique : il faut la faire explicitement, auprès de chaque caisse concernée. Si le défunt avait cotisé à plusieurs régimes (régime général + complémentaire + éventuellement un régime spécial), il faut déposer une demande pour chacun. Le formulaire unique Cerfa simplifie la démarche en théorie, mais chaque caisse traite le dossier de son côté, avec ses propres délais et ses propres demandes de pièces complémentaires.
En pratique, les délais de traitement vont de 4 à 8 mois, parfois plus. Pendant ce temps, le conjoint survivant vit souvent avec des revenus amputés, sans visibilité sur le montant qu'il percevra ni sur la date du premier versement.
Attention : la réversion n'est pas rétroactive au-delà d'un an. Si vous déposez votre demande plus de 12 mois après le décès, vous perdez les mensualités correspondantes. Il n'existe aucun rattrapage possible.
Les pièces à fournir
Acte de décès, acte de mariage, relevé d'identité bancaire, dernier avis d'imposition, justificatif de domicile, et éventuellement le jugement de divorce si le demandeur est un ex-conjoint. Chaque caisse peut demander des pièces supplémentaires, et un dossier incomplet repart en bas de la pile sans préavis.
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