Un testament peut être contesté, mais pas pour n'importe quelle raison. La loi encadre strictement les motifs de contestation, les personnes habilitées à agir, et les délais au-delà desquels toute action est prescrite.
Les motifs de contestation recevables
Un testament peut être annulé pour vice de forme (il ne respecte pas les conditions légales de rédaction), pour insanité d'esprit (le testateur n'avait plus toutes ses facultés au moment de la rédaction), pour captation d'héritage (quelqu'un a manipulé le testateur pour influencer ses dernières volontés), ou pour atteinte à la réserve héréditaire (le testament prive les héritiers réservataires de leur part minimale légale).
La réserve héréditaire
En France, un testateur ne peut pas déshériter complètement ses enfants. La loi impose une réserve héréditaire : la moitié de la succession avec un enfant, les deux tiers avec deux enfants, les trois quarts avec trois enfants ou plus. Le testateur ne peut disposer librement que de la quotité disponible — le reste revient obligatoirement aux enfants. Un testament qui viole cette règle n'est pas nul, mais les héritiers réservataires peuvent demander la réduction des legs excessifs.
Le délai pour agir
L'action en nullité d'un testament se prescrit par 5 ans à compter du jour où le demandeur a eu connaissance du testament. L'action en réduction pour atteinte à la réserve se prescrit aussi par 5 ans, mais à compter de l'ouverture de la succession (date du décès) ou de la découverte de l'atteinte. Passé ces délais, plus aucune contestation n'est possible.
La procédure
La contestation d'un testament se fait devant le tribunal judiciaire. L'assistance d'un avocat est obligatoire. La procédure est longue (souvent 1 à 3 ans) et coûteuse (honoraires d'avocat + éventuelles expertises médicales ou graphologiques). En pratique, il faut évaluer le rapport entre le coût de la procédure et l'enjeu financier avant de s'engager.
Point crucial : l'exécution du testament n'est pas suspendue pendant la procédure judiciaire, sauf décision du juge. Si les legs sont exécutés avant que le tribunal ne se prononce, il faudra récupérer les sommes versées — ce qui ajoute une couche de complexité.
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